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Reprenant les premiers mots de L’Apologie pour l’histoire de Marc Bloch, on découvre que la question de départ reste la même : “à quoi sert l’histoire?”
Écoutons la réponse du grand historien, bien embarrassé :
“Voilà donc l’historien appelé à rendre ses comptes. Il ne s’y hasardera qu’avec un peu de tremblement intérieur : quel artisan, vieilli dans le métier, s’est jamais demandé, sans un pincement de cœur, s’il a fait de sa vie un sage emploi ? Mais le débat dépasse, de beaucoup, les petits scrupules d’une morale corporative. Notre civilisation occidentale tout entière y est intéressée”.
Qu’il est bien difficile de défendre son métier surtout quand il concerne des générations d’élèves qui année après année s’obligent à apprendre des faits, des dates, des événements sans y voir d’intérêt.
L’unique justification est que nous sommes des hommes mortels mais doués de mémoire et que l’histoire a pour objet les hommes du passé.
“Derrière les traits sensibles du paysage, les outils ou les machines, derrière les écrits en apparence les plus glacés et les institutions en apparence les plus complètement détachées de ceux qui les ont établies, ce sont les hommes que l’histoire veut saisir. Qui n’y parvient pas, ne sera jamais, au mieux, qu’un manœuvre de l’érudition. Le bon historien, lui, ressemble à l’ogre de la légende. Là où il flaire la chair humaine, il sait que là est son gibier”.

